Mes cris de joie, d'alarme, de détresse

16 avril 2018

Sophisme

Les expulsions de Notre Dame des Landes par la force ont été justifiées par notre président par le fait que les personnes installées sur les terrains l’étaient illégalement.
Elles étaient installées sur un terrain qui avait fait l’objet d’une procédure d’expropriation par l’Etat; privilège des pouvoirs publics défini comme exorbitant par le droit lorsque l’intérêt général est en jeu.Ici, la construction d’un aéroport.Construction dont le projet a, in fine, été abandonnée. Tout d'un coup, l'intérêt général battait en brèche devant,... [Lire la suite]
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14 décembre 2016

Les pins d'Alep

C’est comme une douleur, une douleur profonde, sourde, de celles qui vous coupent le souffle.  Une blessure dans l’intime de soi que l’on ne parvient pas à dire. Je suis là, au chaud et les pins d’Alep n’en peuvent plus de tendre leurs bras au ciel.Les pins d’Alep ne respirent plus. La poussière du béton explosé a recouvert leur écorce et leurs veines puisent le sang noirci aux entrailles de la terre.Je suis là, dans le silence de décembre et quelque part, tout près de moi, des enfants hurlent sous les bombes, les femmes se... [Lire la suite]
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28 mars 2016

Un jour se termine

  Un jour se termine.Des vies aussi.Là-bas, loin, là où le soleil levant se lève justement, mais à regrets.Les épices, les saris rose indien, justement, les étoffes de soie, les longs cheveux de jais et ces regards de feu.Plus près aussi.La faucheuse recrute salement en ce moment pour son sale boulot.Les Parques n’en peuvent plus de manier leurs ciseaux.Sans doute sont-elles bien payées pour ne pas encore avoir décidé de faire grève.Sur les grèves des rivages où dansait comme un fou de joie, Zorba, le libre, sur les grèves,... [Lire la suite]
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07 mars 2016

Des milliers, vingt et cent...

Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.Dans des trains à bestiaux, dans des wagons plombés.Les vaches et les hommes les regardaient passer,Avec intérêt pour les premières au milieu des présAvec indifférence pour les autres au sein de leur confortLes autres ? Vous, moi, eux, pères et mères de famille, Bons citoyens français, allemands, polonais, silencieux. Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.Ils partirent en cendres et aussi en fumée.Il fallut éloigner des villes leur dernière demeure :Le... [Lire la suite]
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08 janvier 2016

L'ornithorynque et l'homme

La saison de l’automne me questionne toujours. Pourquoi tant de vie déployée, ces feuilles sur les ramées, ces hautes canopées, dans un éclat de roux, d’or, de pourpre, d’orangé, se détachent-elles un jour pour revêtir le sol d’un tapis qui, le temps passant va devenir brun, sale, à force d’être piétiné mais surtout privé de sa sève ?Oui, oui, on sait bien, pour devenir humus, terreau, nourriture chaleureuse pour la poussée d’autres graines, pour aider les pousses à grandir un peu mieux.Rien, dans la nature, n’est au hasard. Et... [Lire la suite]
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01 janvier 2016

"A l'an que vèn, se siam pas mai que fuguem pas mens."

C’est le moment du passage.Le jour où l’année bascule vers une année nouvelle.L’insensible bascule qui se prépare dès le premier jour pour s’accomplir le trois cent soixante cinquième. Car tout n’est que transition. Mouvement. Imperceptible comme le souffle qui inlassablement s’en vient et puis s’en va. Pour donner vie, encore. Encore un souffle de plus. Et la vie.Un jour la vie s’en va. Redonnée dans le souffle au grand souffle qui étire les nuages et enspirale les galaxies.Tout ce qui n’est pas mouvement est mort.Tout ce qui donne... [Lire la suite]
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13 décembre 2015

Ils se taisent.

  https://www.youtube.com/watch?v=Luz5g-doa34 Ils se taisent. Ils n’attendent plus. Leur lente désespérance pleure au-dedans en silence. Ils ne croient plus au monde. Ils ont tant accumulé de larmes et de tristesse sourde.Un sourire parfois se pose sur leurs lèvres, en ultime élégance avant que de sombrer. Leur peau, à force d’être trop blanche, en est devenue grise. Ou bien, elle a cette couleur cuivrée de ceux qui vivent trop dehors, qui ont trop bourlingué. Elle est parcheminée, gravée de longs sillons qui coupent en deux... [Lire la suite]
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27 novembre 2015

Ils défilent chaque jour sur les pages du Monde

Ils défilent chaque jour sur les pages du Monde. Ce sont de jeunes femmes ou bien de jeunes hommes.Mon fils aurait pu se trouver parmi eux. A une semaine près.Ils ont tous le sourire. Ils vivaient sans se dire qu’un jour la mort viendrait.On ne se dit pas ces choses lorsque l’on a trente ans. C’est après que ça vient.Ils étaient dans la vie. Rêvaient à leurs projets.Ils refaisaient le monde sur le coin d’une table.Ceux qui les ont tués ont le même âge qu’eux. Pour la plupart d’entre eux eurent la même culture. Enfin allèrent à... [Lire la suite]
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16 novembre 2015

Sur ce trottoir là

L’âme sidérée, pas de larmes à pleurer. La source est tarie depuis trop longtemps. Depuis Charlie, dans mon cœur, je me suis assise sur le trottoir d’à côté. Sur ce trottoir là, on peut boire un verre de vin au dernier soleil d’automne, embrasser son amoureux dans un éclat de rire, échanger des sourires avec ses voisins.Sur ce trottoir là, on écoute de la musique qui parle de la vie des hommes lorsque les hommes fraternisent pour bâtir des ponts entre hier et demain.Sur ce trottoir là, les enfants font des rondes en riant aux... [Lire la suite]
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