"La loi pour vous, c'est d'être unis, et c'est la liberté pour vous.
Séparément, vous êtes des esclaves. Unis, vous êtes libres." Entretien 31 des "Dialogues avec l'Ange".

30656834_10215790472617351_455629608436367360_nDu décalogue de l’Ancien Testament aux plus de soixante codes français régissant les différents domaines de notre vie en société, nous pouvons constater l’extraordinaire inflation des textes de lois ; ceci sans compter toutes les normes édictées par l’union européenne. L’adage dit « nul n’est censé ignorer la loi ».
Mais comment connaître toutes ces lois, d’autant que les gouvernements et les parlements successifs détricotent en partie ce qu’ont réalisé les précédents et rajoutent une couche supplémentaire au mille-feuilles ?
Pourquoi cette accumulation qui emprisonne l’homme plus qu’il ne le libère, soit parce qu’il n’ose plus bouger par peur de sortir du cadre, soit parce qu’il sort du cadre et en est sanctionné ? Car il n’y a pas loi humaine sans la sanction associée, sanction pécuniaire ou sanction d’emprisonnement, quand la loi est appliquée de manière juste bien évidemment.
Il est par ailleurs drôle de constater que le droit évolue sous la pression des découvertes humaines : le code napoléonien ne risquait pas de légiférer sur la conduite au volant, ni sur l’usage de l’immatériel dans les relations commerciales ou professionnelles. Le droit court après l’homme qui, dans son génie créatif, a toujours plusieurs longueurs d’avance sur lui !
Les juristes semblent se comporter comme des parents débordés par l’inventivité de leurs enfants.
Il est d’usage de dire que le droit a pour mission de maintenir dans un pays l’ordre public économique et social. Nous connaissons toute l’expression : « sans foi ni loi » ? Comme si, sans la religion et/ou sans le droit, l’homme ne pouvait pas ne pas se comporter autrement que comme un voyou prêt à tout pour satisfaire son intérêt personnel sans se soucier plus que d’une guigne de celui des autres. À cet égard, la théorie économique libérale qui postule que la poursuite des intérêts individuels converge avec la réalisation de l’intérêt général semble d’un optimisme béat puisque les faits la contredisent absolument : tout cet amas de loi en est bien la preuve.

Pourquoi alors toutes ces lois, ces normes alors qu’il est aujourd’hui patent que l’humanité se rue vers la dégradation irréversible de la planète, compromettant ainsi sa propre survie ? À quel moment l’homme s’est-il égaré ? Ce moment existe-t-il ? Ou bien, ne se rejoue-t-il pas à chaque pas que nous posons, à chaque geste que nous réalisons, à chaque choix devant lequel nous existons ?
Prenons les choses autrement : existe-t-il un point commun à toutes ces lois ? Quel est cet unique que les lois cherchent à encadrer et punissent lorsqu’il est enfreint ?

Pour répondre à ces questions, cherchons comment l’ange des Dialogues considère la loi, ce qu’il en dit tout au long du livre.
Il apparaît qu’il n’y a pas des lois, mais une seule loi qui revêt plusieurs aspects, mais dont la caractéristique centrale est d’être ontologique, structurelle à la nature de l’homme même si ce dernier l’ignore, n’en a pas conscience. Une loi qui le dépasse mais qui le structure tout entier depuis la plus petite de ses cellules dont l’ange explique que chacune des cellules prie. « CHAQUE PETITE CELLULE PRIE,
ET LA PRIÈRE DE TOUTES ENSEMBLE,
C'EST LE VRAI SENTIMENT. » Entretien 25 Gitta
Si chaque être vivant est soumis à la même loi originelle: « le feu de la vie est éternel », l’ange explique que chacun dispose de sa propre mesure, de sa propre énergie vitale. Nous sommes tous différents par rapport à cette mesure. Mais semblables parce que nous contenons tous le feu de la vie et qu’il ne cessera pas.

L’ange apprend à l’homme qui l’écoute que sa loi est la joie :
« votre loi est la joie » Entretien 25 Gitta
Il l’oppose à la peur ; cependant la peur est désignée comme grain de foi ; la peur est une étape ; lorsque le grain a germé, la peur disparaît.
La peur ne doit pas être ressentie vis à vis des autres mais vis à vis de LUI. Car si elle est ressentie vis à vis des autres, c’est l’enfer.

« ILS SE CRAIGNENT LES UNS LES AUTRES.
ET C'EST CELA L'ENFER. »
Entretien 25 Gitta

Il est alors de la responsabilité de celui qui a rencontré la Source, en particulier au travers des Dialogues avec l’ange de se tenir à sa juste place pour délivrer ceux qui ont soif et ne le savent pas. La juste place c’est de pas se sous-estimer ni se surestimer. L’humilité c’est d’être à sa place, toute sa place, rien que sa place. Faute de quoi ceux qui ont soif et ne savent pas qu’ils ont soif ne seront pas désaltérés.
Lorsque Gitta s’écrie :
« G. Alors je suis très indigne!
Avec une sévérité implacable :
-NE JUGE PAS!                                     
II y a une loi pour l'eau                              
et une autre loi pour celui qui a soif. » Entretien 15 Gitta


L’ange demande d’annoncer les Nouvelles Lois et la Nouvelle Grâce qui les dépasse (Entretien 18) Il peut être bien délicat de savoir comment reconnaître ceux qui seront sensibles à cette annonce ; à Gitta qui pose la question à l’ange, ce dernier explique que les études ne sont pas le critère :

« - A CE SIGNE QU'ILS COMPRENDRONT TES PAROLES
ET QUE LES AUTRES NE LES COMPRENDRONT PAS.
BIEN QU'ILS AIENT ÉTUDIÉ, ILS NE COMPRENNENT PAS,
BIEN QU'ILS N'AIENT PAS ÉTUDIÉ, ILS COMPRENNENT. » Entretien 24 Gitta

Le savoir n’est pas mauvais en soi, mais le retenir pour soi vrille la loi ; il faut le donner, ne pas le garder pour soi.
« Ce n'est pas dans le savoir que réside la faute, mais c'est de l'avoir gardé pour vous.
Le savoir aussi est bénédiction, si tu le donnes ». Entretien 28 Lili

Il s’agit donc de se laisser traverser par un savoir qui nous est donné.
« Si l'homme devient UN avec CELUI
qui met en mouvement, alors le nom du mouvement est Délivrance » Entretien 28 Lili
Donner ce qui nous traverse est source de joie.

On voit ainsi peu à peu se dessiner le rôle de la loi selon l’enseignement des Dialogues avec l’ange.
Il ne s’agit pas de se conformer à sa propre loi, parce que c’est se couper de la Vérité éternelle et donc ne rien savoir.
« Si tu agis au nom de ta loi, tu ne sais rien de toi.
Tu ne peux rien savoir. » Entretien 29 Gitta

Pire encore, ce savoir là coupe l’homme de sa Source et le coupe du reste de l’humanité. Retrouver le chemin de l’unité est la seule issue pour l’humanité :
« La loi pour vous, c'est d'être unis, et c'est la liberté pour vous.
Séparément, vous êtes des esclaves. Unis, vous êtes libres. » dit l’Entretien 31
Paradoxe que ce passage des Dialogues qui affirme que d’obéir à une loi rend libre.
Et cette loi requiert que les hommes soient unis.
À la lumière de ces deux phrases, il est aisé d’éclairer notre monde et de repérer qui nous sépare les uns des autres et nous rend donc esclaves et qui nous conduit vers le chemin de l’unité.
Cette loi ontologique conduit l’homme à devoir remplir sa mesure individuelle, faute de quoi, il dépérit.
« Je ne récompense pas, je ne punis pas,
je mesure uniquement.
La punition et la récompense,
vous les portez en vous-même.
Si vous remplissez votre mesure — vous croissez.
Sinon - vous dépérissez. » Entretien 31 Gitta
Nous sommes loin du droit des hommes qui punit lorsque la loi est enfreinte : une amende, voire un emprisonnement qui sont censés apprendre à l’homme à ne plus enfreindre la loi.
C’est, là aussi, la liberté totale de l’homme, mais l’homme ne connaît pas cette liberté  E31H
L’ange insiste sur ce rôle central de l’homme dans l’à-venir de l’humanité, l’avènement du Nouveau.
« Le monde a soif — en vous la source.
Le monde hurle — en vous le silence.
Le monde pleure — en vous le seul baume. » Entretien 46

Et c’est un rôle actif :
« C'EST TON TRAVAIL QUI EST TA PRIÈRE.
LA PRIÈRE EST L'AILE DES SANS-AILES. Entretien 7 Lili

C’est à Lili que l’ange s’adresse.
C’est en accomplissant sa tâche individuelle que chacun se relie à la Source et est c’est parce qu’il est relié à Elle qu’il peut accomplir sa tâche individuelle : mouvement d’aller-retour incessant entre l’homme et Celui qui l’engendre d’instant en instant en lui donnant la Vie, le souffle pour l’instant d’après. Seuls sont qui sont sans ailes prient. Les autres agissent.

Nous avons ainsi la réponse à nos questions : l’homme tourne autour du pot ! Il crée des milliers de lois parce qu’il ignore La Loi. Celle qui pourrait le sauver de lui-même et le libèrerait : servir la loi, servir la joie, s’unir aux autres, donner.
Donner.
« Voici, au-dessus de la volonté, le DONNER-LIBREMENT.
Plus d'action ni de réaction.
Plus de récompense, de punition, de couteau, de caresse.
Il est autre, tout à fait autre,
le DONNER-LIBREMENT. » Entretien 61

Nous sommes à des milliers de lieues du système marchand qui règne sur le monde et dont la loi est celle du marché. Système marchand où tout se vend, y compris l’homme à l’homme. Système qui engendre lois sur lois, sanctions sur sanctions donc, parce qu’il ne parvient pas à combler l’homme ; et ce dernier, floué, cherche comment prendre sa revanche, dans une soif d’avoir toujours plus.

La responsabilité est donc totale et l’urgence de la situation de notre terre devrait achever de nous convaincre de la nécessité de placer ces exigences au cœur de nos vies, que nous soyons en vie active dans le monde ou bien que nous pensions en avoir terminé avec toute vie active. C’est un leurre que de penser qu’un jour quiconque ait entendu la parole de l’ange puisse se considérer à la retraite ! Si, pour le moment encore, notre passage terrestre se termine par notre mort, il est malgré tout important d’entendre que l’ange enjoint de porter des fruits pour contrebalancer la tendance de l’homme à « enterrer »
Mais il prévient qu’il coupera le figuier stérile :
« Portez des fruits!
Car il me répugne de trancher le vif.
Le Verbe vit en vous -
mais le figuier stérile sera coupé. » Entretien 45

La perspective dépasse notre vision d’homme : tout notre monde va disparaître : valeur, essentiel, existant.
« Annoncez les lois nouvelles!
Ce qui était impossible — est possible.
Ce qui était valeur - tombe en poussière.
Ce qui était essentiel — sombre.
Ce qui était - disparaît dans le néant.
Mais la matière vierge, sans tache, MARIE, demeure.
….
Virginité dans la matière
et dans la Lumière : matière.
La MATIÈRE-LUMIÈRE, qui resplendit, habite en vous. » Entretien 87

Seule va demeurer la MATIERE-LUMIERE. Un autre état de la matière. Celui du corps de Gloire du Ressuscité. État que nous portons en nous et qu’il nous revient de faire advenir en acceptant de nous placer à l’écoute de ces lois dont parlent les anges des Dialogues, en nous détachant de la logique mortifère d’un monde marchand sans toutefois nous couper des autres.