DolmenDe mes mains nues j’ai déchiré la pierre où reposait l’enfant.
Il attendait, patient.

Je l’ai porté longtemps dans mes entrailles sombres.
Il buvait mon sang.

Les arbres, silhouettes ployées sous les assauts du vent
Me suppliaient.

L’espérance en larme, sur les trottoirs sans fin, une ombre
Marchait.

Elle a marché longtemps, les pieds souvent en sang
Sur les chemins

Le sol était rempli d’ornières et d’entailles profondes
La pluie, son chagrin

Le ciel s’ouvrait de tristesse,  ses nuages et ses vents
Hurlaient .

J’ai laissé mes cheveux envelopper le monde
Entier

La Seine, ses flots métal sous un ciel gris argent
Semblait errer

Montmartre au loin s’enveloppait de blanc
Glacé.

J’ai soulevé l’enfant et lui ai insufflé le désir ardent
De vivre.

Il a fait quelques pas, et puis s’en est allé chantant
Suivre

Le fil d’Ariane du désir en promesse dans son sang
Enfiévré.

Il est parti, heureux, c’était un jour de printemps
Léger.

MC Mars 2016